Comme vous l’avez peut-être constaté, ça n’a vraiment pas été comme je le voulais à la finale du circuit Grand Prix ISU de Tokyo. Après un programme court correct, je n’ai tout simplement pas offert la performance que je souhaitais au programme libre. Vraiment, c’était à jeter à la poubelle!
J’aurais facilement pu monter sur le podium avec une prestation à la hauteur de mes capacités. C’est juste frustrant de ne pas la réaliser. J’ai fini cinquième, mais c’est vraiment la mauvaise performance qui me dérange plus que le classement.
Plusieurs facteurs ont contribué à ce scénario. Il y a la fatigue et le décalage horaire, mais il y a aussi la volonté d’être là.
J’arrivais au Japon trois jours après Skate Canada et on dirait que ça ne me tentait pas tellement de reprendre la compétition tout de suite.
Je sais que je vaux beaucoup mieux que ça sans être au sommet de ma forme. Quand tu rates les deux premiers sauts de ton programme, ce n’est pas vraiment la condition physique qui est en cause. C’est mental.
En même temps, sans viser la perfection, j’aurais pu patiner beaucoup mieux. Ma déception, elle vient de là.
La leçon que je tire de cette expérience est qu’il est temps pour moi de rester au Québec, de me ressourcer et de recharger les batteries.
À mon retour du Japon, j’ai vraiment décroché et je n’ai pas fait d’entraînement de compétition. J’ai par ailleurs décidé de ne pas accepter de contrats durant le temps des Fêtes et de passer du temps avec ma famille. J’ai ainsi annulé une tournée de spectacles de Noël que je devais donner en Allemagne.
On a aussi décidé d’ajuster le plan d’entraînement d’ici aux Jeux olympiques de Vancouver. Je serai davantage sur la glace qu’au gymnase. L’entraînement en gym est très utile, mais les gains ne sont transférables sur la glace que de 20 à 30 pourcent au maximum. Je ferai donc plus de programmes du début à la fin sur la glace. De cette façon, les automatismes finissent par s’installer.
La semaine dernière, ma chorégraphe Shae-Lynn Bourne m’a accompagné à l’entraînement à Saint-Léonard. On a procédé aux modifications à mon programme dont je vous avais parlé dans mon blogue précédent. On veut juste que ce soit plus musical. Le but est de me donner le temps de faire les pirouettes comme il faut, de façon à atteindre les niveaux de difficultés visés.
Je me concentre maintenant sur les championnats canadiens de la mi-janvier, à London. D’ici là, joyeuses Fêtes à tous!
J’ai vécu des émotions particulières aux Internationaux Patinage Canada, à Kitchener, la semaine dernière. Bien sûr, j’étais contente de gagner la médaille d’or. En même temps, je n’ai pas réussi le programme libre auquel je me serais attendue. En fait, il n’était pas bon du tout. Sauf que c’est le fun de pouvoir gagner avec une performance dont je ne suis pas du tout satisfaite.
Je me suis retrouvée dans une position qui ne m’est pas familière quand j’ai réussi mon record personnel au programme court. J’étais un peu surprise d’atteindre les 70 points pour la première fois. Je m’attendais à environ 65 points, mon record personnel étant 67.
Il s’agit d’un beau plateau, que j’espérais atteindre un jour, mais ça m’a peut-être aussi joué un tour.
Pour une rare fois, je n’avais pas la pression de livrer un programme libre du tonnerre pour revenir de l’arrière. Je devais conserver une avance. La pression m’a manqué un peu.
Contrairement à certains athlètes, j’aime la pression et j’y réagis bien.
Ça reste un bon apprentissage. Si ça m’arrive aux Jeux olympiques, je saurai bien moduler mes énergies en vue du programme libre.
Je tire une autre leçon de ma prestation à Kitchener: je devrai faire certains ajustements à mon programme libre. La chorégraphie est super belle et vraiment complète. Mais elle est tellement remplie que je suis souvent en retard sur la musique. À l’entraînement, ça va.
Mais quand arrive une compétition, je veux toujours en donner davantage. J’éprouve donc de la difficulté à être «sur la note». Ça fait en sorte que je dois couper ailleurs, par exemple sur la longueur d’une pirouette ou d’une arabesque. Le niveau de difficulté de l’élément – et par conséquent la note de base de cet élément – s’en trouve directement affecté.
La clé sera pour moi sera de me sentir dans une zone comme à l’entraînement. Pour y arriver, je vais procéder à des arrangements avec ma chorégraphe Lori Nichol.
On n’aura cependant pas le temps de faire ça avant la finale du circuit Grand Prix, à Tokyo. Je m’envole vers le Japon dès lundi et la compétition commence vendredi. J’ai hâte de retrouver de retrouver la foule de Tokyo, qui est toujours très enthousiaste.
La finale réunira les six meilleures patineuses des six compétitions Grand Prix. La Coréenne Yu-Na Kim et la Japonaise Miki Ando ont elles aussi gagner leur événement sans pour autant patiner à leur mieux. Ce sera donc intéressant de voir comment chacune se comportera. J’aimerais bien sûr gagner une médaille comme en 2005. L’an dernier, après un mauvais programme court, j’étais remontée jusqu’en quatrième place, à deux points du bronze.
Mon début de saison n’est pas aussi bon que celui de l’an dernier : le bronze à la Coupe de Chine et l’or à Skate Canada. À mes yeux, ce n’est pas nécessairement mauvais. L’an dernier, j’avais été très bonne en début de saison et aux championnats des Quatre Continents et aux championnats canadiens. Or même si j’avais gagné l’argent aux mondiaux de Los Angeles, je n’avais pas livré ma meilleure performance à vie.
Le plus important est de m’améliorer à chaque compétition et c’est l’impression que j’ai cette saison. En espérant que ça se poursuive à Tokyo et ensuite aux championnats canadiens. Les Jeux de Vancouver? J’y penserai en temps et lieu!
J’ai déjà eu droit à un avant-goût en Corée et au Japon, mais la vraie saison de compétitions commence pour moi vendredi, à Pékin, lors de la troisième étape du circuit Grand Prix.
J’aurais préféré reprendre il y a deux semaines dans le cadre du Trophée Éric Bompard, à Paris, une épreuve que j’ai gagnée deux fois. Mais le mode d’attribution des places m’en ont empêchée. En gros, l’ISU, la fédération internationale, ne veut pas que les trois premières des derniers mondiaux s’affrontent avant la finale du Grand Prix, en décembre. La championne du monde, la Coréenne Kim Yu-Na, avait le premier choix et elle a opté pour Paris.
Je ne suis pas malheureuse pour autant de briser la glace en Chine, un pays que j’ai déjà visité trois fois et que j’avais hâte de revoir. Par contre, je n’ai toujours pas eu le temps de visiter la Grande Muraille, comme quoi on ne chôme pas quand on est en compétition!
Ce qui est important en début de saison est de montrer mes nouveaux programmes. Je veux bien présenter l’idée, le thème, aux juges.
À titre de première favorite, je serais bien sûr déçue de ne pas l’emporter. Mais ce n’est pas parce que j’ai gagné l’argent aux derniers mondiaux que je prends les choses pour acquises, loin de là.
À chaque saison, on recommence à zéro. Si tu n’as pas le courage de le faire, les autres, qui sont très bonnes aussi et qui s’améliorent constamment, vont te rattraper, c’est certain. Il est donc important d’avoir confiance en moi et de savoir où je m’en vais.
Comme d’habitude, le plateau sera très relevé à Pékin. Je signale la présence de deux jeunes Américaines, Rachael Flatt, championne du monde junior en 2008, et Mirai Nagasu, championne nationale en 2008. Leur grande qualité: elles ne font presque jamais d’erreurs. L’Italienne Carolina Costner, double médaillée aux mondiaux, et la Japonaise Fumie Suguri, quatrième aux Jeux de Turin, seront aussi à surveiller.
Personnellement, j’aborde cette compétition avec beaucoup de confiance, acquise au cours des dernières semaines. J’ai entre autres obtenu mon meilleur pointage à vie pour le programme libre lors de l’Open du Japon, une compétition par équipe présentée à Tokyo.
Pourtant, je ne suis pas arrivée là dans les meilleures conditions. Après un camp national à Vancouver, à la mi-septembre, il avait été convenu que je change la première minute et demie de mon solo. J’ai donc dû passer deux jours à Toronto avec ma chorégraphe Lori Nichol. Les sauts n’ont pas changé, mais on a considérablement modifié la transition entre les éléments.
Je n’avais eu que quatre jours à l’entraînement pour assimiler les nouveautés. Pourtant, au Japon, j’ai très bien réussi mes sauts et j’ai pu bien rendre les éléments artistiques. Comme quoi les automatismes techniques étaient là et que le programme était bien construit. Chose certaine, ça a valu la peine de procéder aux changements.
À mon retour du Japon, avant de rentrer au Canada, j’ai fait un petit saut à Los Angeles, où j’ai vécu une expérience pour le moins particulière: un spectacle d’improvisation avec les Goo Goo Dolls!
Plusieurs vedettes du patinage artistique ont participé à ce show original : Kurt Browning, Jeffrey Buttle, Nancy Kerrigan, etc.
Avant notre prestation, on devait piger un iPod contenant deux chansons sur lesquelles on s’exécuterait. Je suis tombée sur Clumsy de Fergie, la chanteuse du groupe The Black Eyed Peas, et Broadway des Goo Goo Dolls, qui jouait live pendant que je patinais.
On avait une heure pour se préparer et inventer une chorégraphie. Honnêtement, je n’ai pas aimé ça du tout. J’étais tellement stressée… comme si j’allais participer à l’émission Dieu merci! J’ai manqué mon cue, j’entendais mal la musique parce qu’elle était très forte, et les spectateurs dans les premières rangées, de grands fans des Goo Goo Dolls, ne nous regardaient pas patiner.
Vivement une vraie compétition!

Je suis présentement dans l’une des phases les moins plaisantes de la saison. Je casse une nouvelle paire de patins…Ça peut paraître banal, mais c’est loin de l’être. Depuis une semaine, douleurs aux jambes, crampes et ampoules sont mon lot quotidien.
En usant, les patins finissent toujours par agrandir un peu. Il faut donc choisir la pointure la plus ajustée possible. Avant que les patins se moulent parfaitement à tes pieds, c’est toujours un peu souffrant. Les mouvements qui exigent le plus de précision, comme les jeux de pieds, les changements de carre et les pirouettes, provoquent souvent des crampes dans les mollets, en particulier lors d’un programme libre de quatre minutes.
Je dois aussi m’adapter à de nouvelles lames et à leur berceau. Ça affecte particulièrement le synchronisme des sauts, alors que la pointe arrive plus ou moins vite. Une différence minime fait une grande différence.
J’ai essayé mes nouveaux patins pour la première fois lors d’un camp national, la semaine dernière, à Vancouver. Ce n’était pas la situation idéale, mais j’estime qu’il fallait effectuer le changement dès maintenant. L’an dernier, j’avais dû changer la paire que je portais depuis un an et demi à un mois des championnats du monde de Los Angeles. Même si ça a bien été, je ne voulais pas revivre la même chose aux Jeux olympiques de Vancouver.
Ça faisait une mèche que je n’avais pas donné de nouvelles. Fin juillet, j’ai passé cinq jours en Corée pour donner une série de spectacles. J’étais entre autres accompagnée d’Evgeni Plushenko et d’Alexei Yagudin, deux champions olympiques, et de mon ami Jeffrey Buttle, médaillé d’argent à Turin et maintenant à la retraite. C’était motivant de se retrouver avec une si belle gang. On dirait que ça repartait la saison.
Et en Corée, les fans sont incroyables. Quand tu sautes sur la glace, on dirait que c’est Madonna qui arrive!
Le mois dernier, j’ai participé aux championnats québécois d’été, à Pierrefonds. Pour la première fois, j’ai présenté mon nouveau programme court, sur la musique de La Cumpasita, un tango uruguayen. Je n’avais jamais fait de tango et je cherchais quelque chose d’à la fois féminin et puissant. Le but de le présenter à Pierrefonds était de recueillir des commentaires. Comme au récent camp de Vancouver, ceux que j’ai reçus ont été positifs et constructifs.
À la fin août, j’ai accompagné mon entraîneuse Manon Perron pour un séminaire à Saint-Jean, Terre-Neuve. Je faisais des démonstrations devant des jeunes de cinq à 17 ans. Ils sont super motivés et c’est le fun de sortir de ma petite routine à l’aube d’une saison aussi stressante que celle des Jeux olympiques.
J’ai aussi profité de mon séjour à Terre-Neuve pour augmenter ma notoriété au… Japon. Une équipe de TV Asahi, une grande chaîne nationale nippone, s’est en effet déplacée pour m’interviewer.
Quand ils m’ont contactée pour la première fois, je leur avais dit que ce ne serait pas possible à cette date à cause du séminaire. Ils m’ont répondu: Pas de problème, on va venir à Terre-Neuve. J’étais vraiment impressionnée qu’ils fassent un si long voyage pour une entrevue d’une heure avec moi. C’est un peu bizarre et en plus, ils me payaient!
Un caméraman de TV Asahi doit revenir bientôt à Montréal pour prendre des images de moi à l’entraînement. D’après ce que j’ai compris, ils préparent un reportage de quatre minutes en vue de la saison des Grand Prix.
Je partirai d’ailleurs pour le Japon dans quelques semaines pour participer à l’Open du Japon. C’est une compétition professionnelle qui ne fait pas partie du circuit Grand Prix. Mais ça reste un rendez-vous important puisqu’il s’agira de la toute première fois que je présenterai mon nouveau programme libre en compétition. J’ai très hâte et je vous en reparle.

J’ai repris l’entraînement cette semaine après un dernier mois plutôt mouvementé au cours duquel j’ai souvent été sortie de mon élément, la glace.
Comme je l’avais mentionné dans mon blogue précédent, j’ai effectué une visite d’une semaine au Pérou dans le cadre d’un voyage humanitaire pour Vision mondiale Canada.
Je m’y attendais un peu, mais ce fut quand même un choc.
J’ai voyagé dans plusieurs pays pour les compétitions, mais jamais je n’avais été confrontée à une telle pauvreté.
En compagnie de représentants de Vision mondiale et d’une équipe de télé, j’ai visité un petit village à Ventanilla, à une heure et demie de route de Lima, la capitale.
J’ai rencontré des familles de fermiers qui venaient de s’y installer. Ils squattaient de touts petits bouts de terre en attendant que le gouvernement ne leur donne un petit terrain à eux. Les maisons sont minuscules et minimales : murs en bois, toit en paille et plancher de terre.
Ce qui m’a vraiment étonnée, c’est que les gens ont souvent un cellulaire ou un accès à la télévision. Ils peuvent donc comparer leurs conditions de vie aux nôtres, ce qui est dur pour eux.











































